Billet Diplômes sans vision, ruine de l’âme ! 18 décembre 2025 2–3 minutes » Oui, j’ai réussi ! Je l’ai, mon BEPC, mon BAC, ma Licence. » Telles sont les jubilations à la proclamation des résultats aux différents examens. A croire même parfois que le concerné a décroché un visa pour le paradis. Tu as décroché tes diplômes, et après ? Un diplôme décroché n’est pas la garantie d’un emploi. Derrière celui-ci doit se trouver une vision, un désir d’un avenir réussi. Cependant, la plupart des jeunes semblent sans aspiration peut-être par manque d’accompagnement, d’orientation. Après trois années passées en 3e, Mathias ‘’le vétéran’’ obtient enfin son Brevet d’études du premier cycle (BEPC). Mais il ne sait toujours pas quelle série faire au lycée. « Tu veux faire quoi au juste ? », lui demande-t-on. Et sa réponse : « Je ne sais pas ». « Tu aspires faire quoi comme travail demain ? », lui demande-t-on par ailleurs. Même réponse de sa part. Cette situation interpelle sur la nécessité de la mise en place d’un système d’accompagnement efficace et effective dans les établissements publics et privés afin de mieux guider les apprenants. A l’instar de ce jeune, beaucoup d’apprenants décrochent leurs diplômes sans avoir une vision. Les bacheliers choisissent des filières en inadéquation avec leurs compétences et finissent, s’ils y arrivent, des diplômés sans emploi. Et après, c’est pour accuser la pauvre tante ou un esprit maléfique de famille ! L’orientation scolaire et professionnelle, en marche depuis quelques années au Togo, peine à prendre son envol. Certainement pas à cause des conditions météorologiques désagréables. Même dans les établissements publics où elle est effective, combien sont-ils, les apprenants à bénéficier d’un accompagnement adéquat ? Entre nous, comment un enfant qui n’est pas sociable peut-il faire la médecine et devenir chirurgien ? On aura beau commander des prières intenses sur trois jours pour intercéder pour lui, il finira par laisser un ciseau ou une aiguille dans le ventre d’un patient. Ces accidents (sic) de l’histoire, Dieu sait qu’il en existe en quantité industrielle. A vous, parents qui imposez vos choix à vos enfants, c’est équivalent à un crime contre l’humanité, même sans arme de destruction massive, ni simple couteau de cuisine. En tout cas, le Grand barbu blanc assis sur son trône là-haut vous voit, mais ne dit rien. De grâce, laissez les enfants décider et accompagnez-les tout en vous assurant des débouchés sur le marché. L’idéal est de savoir ce qu’on aimerait faire comme métier avant de choisir une série ou une filière. Il devient alors impératif d’orienter les jeunes, de nos jours, vers les formations techniques et professionnelles, les filières porteuses, pour éviter d’en faire des « hozlas » (débrouillards), des abonnés des rideaux blancs – comprend qui veut- et des jeux de loto à la recherche d’un miracle hypothétique pour changer le court de leur misérable vie. A vous les Mathias, entendu les jeunes indécis, un conseil, et c’est gratuit, orientez-vous vers les métiers comme la mécanique, la maçonnerie, la menuiserie, la couture et autres, au lieu de gaspiller les économies de vos parents ailleurs…Ces fonds pourraient servir à mieux s’occuper de vos petits frères et sœurs. Quant à vous, vénérées Autorités, faites l’effort de mettre les moyens nécessaires à la disposition des acteurs chargés de l’orientation pour que les objectifs soient atteints. Ce n’est pas un ordre hein, mais une doléance contraignante (sic). A bon entendeur… Alice B.